Note d'éclairage
Septembre 2026

[Scénarios] - France-Algérie : sortir de l’émotion

Auteurs
Michel Duclos
Expert Résident, Conseiller spécial - Géopolitique et Diplomatie

Michel Duclos est Conseiller spécial et Resident Senior Fellow en Géopolitique et diplomatie.

Augustin Motte
Chef de cabinet de la Directrice générale

Augustin Motte travaille auprès de Marie-Pierre de Bailliencourt, Directrice générale de l’Institut Montaigne, en qualité de chef de cabinet depuis janvier 2025.

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Les tensions récurrentes entre la France et l'Algérie ont atteint au cours des dernières années une rare intensité, au point de devenir l'un des principaux sujets traités par le débat public français.

Vu depuis Paris, l'hostilité générale témoignée par le pouvoir algérien choque et son attitude peu coopérative dans la reprise de ses ressortissants frappés d'Obligations de quitter le territoire français (OQTF) est érigée en symbole des difficultés de la France à réguler son immigration. Pour Alger, la France est prisonnière d'un parti-pris systématiquement anti-algérien et d'une nostalgie coloniale mal dissimulée par les gestes mémoriels consentis au coup par coup. Les relations culturelles et commerciales, au potentiel indéniable entre deux pays marqués par leur complémentarité économique et par leurs liens humains, souffrent de cette discorde.

Le prochain quinquennat doit être l'occasion de sortir de cette impasse. Dans cette perspective, nous avons voulu étudier les différentes lignes que pourrait adopter la diplomatie française à l'égard de l'Algérie et anticiper les réactions possibles auxquelles elle pourrait faire face.

Nous retenons un scénario de "désensibilisation flexible", dans lequel la remise en cause annoncée du statut sui generis de l'immigration algérienne en France - via la sortie de l'accord migratoire de 1968 - serait gérée par les deux parties avec suffisamment de tact pour ne pas conduire à la rupture. Le maintien de certains canaux de discussions et le recours à un narratif préservant la face des deux États doit nous permettre de normaliser le statut de la communauté algérienne en France sans compromettre l'avenir de la relation diplomatique.
 

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