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Note d'action
Avril 2026

Relations UE-Taiwan et semi-conducteurs :
bâtir une confiance durable

Auteur
Mathieu Duchâtel
Directeur des Études internationales, Expert Résident

Mathieu Duchâtel est le directeur des études internationales de l’Institut Montaigne. Ses travaux portent notamment sur la sécurité économique et sur les questions stratégiques en Asie orientale. Mathieu Duchâtel est docteur en science politique de Sciences Po.

Cette note a été publiée dans le cadre du projet Chips Diplomacy Support Initiative (CHIPDIPLO), qui vise à contribuer à la construction d’une politique étrangère européenne en matière de semi-conducteurs. Ce projet de 18 mois est piloté par l’Institut Montaigne, en partenariat avec le Central European Institute of Asian Studies (CEIAS, Bratislava), le Centre for Security, Diplomacy and Strategy (CSDS, Bruxelles) et l’EU Institute of for Security Studies (EUISS, Paris et Bruxelles), et co-financé par l'Union européenne.

Les semi-conducteurs occupent désormais une place centrale dans les relations entre l’Union européenne et Taiwan. À mesure que Taiwan affirme son rôle de plateforme industrielle incontournable dans la révolution mondiale des infrastructures liées à l’intelligence artificielle, son écosystème dans ce domaine s’ouvre de plus en plus à l’international, d’une manière qui profite également à l’Europe. La présence taiwanaise sur le continent se renforce, portée par des investissements d’envergure, comme l’usine de TSMC à Dresde, ainsi que par l’implantation croissante d’entreprises telles que Foxconn et GlobalWafers. Dans le même temps, des groupes européens, notamment ASML, Air Liquide et Merck, sont étroitement intégrés aux chaînes de production taiwanaises, illustrant une interdépendance croissante, structurée par les enjeux de sécurité économique et de solidité des approvisionnements.

Cette coopération demeure toutefois inégale. Elle se heurte à des contraintes réglementaires, à un manque de main-d’œuvre qualifiée, à des priorités stratégiques qui ne coïncident pas toujours, à des modèles économiques différents ainsi qu’à certaines perceptions erronées. S’appuyant sur de nombreux entretiens menés auprès d’acteurs européens et taiwanais, cette note estime qu’une nouvelle étape de coopération est non seulement envisageable, mais nécessaire. Elle propose pour l’Europe une feuille de route pragmatique : améliorer l’environnement des entreprises dans les principaux pôles industriels, développer les partenariats en matière de recherche, consolider les dispositifs d’investissement, faciliter la circulation des talents et donner davantage de visibilité sur la demande ainsi que sur la cohérence à long terme de sa stratégie de sécurisation des risques.

Les opinions et points de vue exprimés dans cette note n’engagent que son auteur et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ni ceux de la Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies (DG CONNECT) de la Commission européenne. Ni l’Union européenne ni l’autorité de financement ne peuvent en être tenues responsables. 

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