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Rapport
Septembre 2026

Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir

<p><strong>Longévité en santé : </strong>prévenir pour mieux vieillir</p>
Groupe de travail

Présidents du rapport

Sophie Boissard, Directrice générale du groupe Clariane ; 
Dominique Pon, Directeur général de La Poste Santé & Autonomie ;
Thomas Rapp, Professeur de sciences économiques à l'Université Paris Cité et titulaire de la Chaire AgingUP! 

Groupe de travail

Jean-Pierre Aquino, Médecin gériatre et délégué général de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie ; 
Michel Billé, sociologue spécialisé dans les questions relatives à la vieillesse ; 
Anaïs Cheneau, Post-doctorante de la Chaire AgingUP! de l’Université Paris Cité ; 
Agnès Devois, Directrice des Affaires Publiques monde, Servier ; 
Aimée Kingsada, Enseignante-chercheuse en sciences économiques à l’Université de Lille, et membre de la Chaire AgingUP! de l’Université Paris Cité, ainsi que tous les membres de la chaire impliqués ; 
Vincent Lebailly, Directeur Epargne Entreprise, Mercer France ;  
Filippo Monteleone, Président, Careit ; 
Sarah Morand, élève-directrice d’hôpital, co-rapporteur ; 
Clémence Moreux,  co-rapporteur, 
Philippe Ogé, Senior advisor Home Healthcare, Air Liquide Healthcare ; 
Nicolas Pécourt, Directeur de la communication du groupe Clariane ;
Jérémy Pereira, Directeur de la Stratégie et de l’Offre, Mercer France ; 
Aude Personnic, Directrice déléguée et DRH du Groupement Hospitalier Aube Marne - Hôpitaux Champagne Sud ; 
Matthieu Sainton, Associé santé, Eurogroup Consulting ;  
Jonathan Sicsic, Directeur scientifique de la Chaire AgingUP! de l’Université Paris Cité ; 
Margaux Tellier-Poulain, Responsable du pôle santé et cohésion sociale, coordinatrice du projet et rédactrice, Institut Montaigne ; 
Lou Vincent, Chargée de projets santé et cohésion sociale, coordinatrice du projet et rédactrice, Institut Montaigne.
 

Personnes auditionnées

Marie-Anne Ballotaud, Directrice du cabinet et en charge de la prospective, France Assureurs
Cécile Bazin, Déléguée générale, Recherche et solidarités
Frédéric Bizard, Professeur d’économie, Président fondateur, ESCP, Institut Santé
Jean-Pierre Boissonnat, Membre du conseil d’administration du Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (GEPSo)
Corentin Buys, Responsable du pôle médico-social, Syndicat National des Établissements et Résidences Privés pour Personnes Âgées (Synerpa) 
Luc Broussy, Président de France Silver Eco, Fondateur du Think Tank Matières Grises
Sylvain Connangle, Directeur, Ehpad Centre Ressources Territorial La Madeleine
Laurence Cristol, Oncologue gériatre, Institut du Cancer de Montpellier
Astrid David-Bertrand, Docteur en économie de la santé, ancienne doctorante de la Chaire Aging Up !
Patricia Delaux, Directrice générale Adjointe d’AXA Santé et Collectives 
Stéphanie Du Boucher, Responsable des Affaires Publiques, Roche
Pascal Dreyer, Président, Recherche et solidarités
Bernard Ennuyer, Chercheur en sociologie du vieillissement, Université Paris Cité
Laurène Ferran, Directrice Affaires publiques et Partenariats, Synerpa 
Benjamin Ferras, Haut fonctionnaire au sein des ministères sociaux, enseignant à Paris I et à l’Institut des hautes études de la protection sociale
Vincent Figureau, Responsable partenariats mécénats, Mutualité française
Roméo Fontaine, Chargé de recherche, Institut national d'études démographiques (INED) 
Véronique Fossoul, Directrice Grand Âge et Autonomie, Direction Protection sociale Europe, CNP Assurances
Caroline Gastaud, Fondatrice, Autrement Senior
Kevin Genna, Responsable de la modélisation, Chaire TDTE
Katy Giraud, Déléguée générale du Think Tank Matières Grises
Agnès Gramain, Professeure en sciences économiques, Université de Lorraine
Laurent Hou Hen Pen, Conseiller technique au cabinet du Président, Mutualité française
Eric Jullian, Directeur de structures publiques médico-sociales dans la Somme, membre du GEPSo
Aimée Kingsada, Enseignante-chercheuse en sciences économiques, Université de Lille, membre de la Chaire AgingUP!, Université Paris Cité 
Romain Ladent, Délégué national Petite enfance, Enfance, Inégalités éducatives, Famille / Vieillissement, Fédération des centres sociaux et socioculturels de France
Katell Le Lay, Directeur unité médico-économique, Roche
Florence Lustman, Présidente, France Assureurs
André Masson, Directeur de recherche CNRS, Directeur d'études à l'EHESS, Professeur à l'École d'économie de Paris
Pauline Meyniel, Conseillère du Président du Synerpa 
Pascal Meyvaert, Président, SMCG-CSMF 
Jean Mieg de Boofzheim, Responsable Affaires publiques & Communication, Incyte
Thomas Nérot, Directeur du développement des assurances mutualistes, Mutualité française
Sandrine Orabi, Affaires Publiques Vaccins - France, SANOFI
Anaïs Perelman, Directrice adjointe de la Prévention et de l'Accompagnement Mutualiste, Mutualité française
Antoine Piau, Directeur médical, éthique et innovation en santé, Clariane
Lisa Pottier, Docteure en SIC, Responsable R&D-Conseil, ALOGIA Groupe 
Cécile Rehby, Responsable Politiques Publiques de santé - France, SANOFI
Jean-Pierre Riso, Président,  Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA) 
Léo Roesch, Responsable innovation et impacts sociétaux, AXA France 
Quitterie Roquebert, Maîtresse de conférence en sciences économiques, Université de Strasbourg
Frédéric Rousseau, Directeur Général Adjoint et Directeur de la Protection Sociale, Howden France 
Pierre Roux, Président, Association des Directeurs au service des Personnes Âgées, AD-PA
Marie-Reine Tillon, Présidente, Union Nationale de l'Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA) 
Bruno Vellas, Professeur en gériatrie, fondateur de l'Institut Hospitalier Universitaire HealthAge
Annabelle Vêques, Directrice générale,  Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA)
Annie Vidal, Députée de la Seine-Maritime, vice-présidente de la Commission des affaires sociales, Assemblée Nationale
Alain Villemeur, Directeur scientifique, Chaire Transitions Démographiques, Transitions Economiques (TDTE) 
Nathalie Weiss, Responsable affaires publiques, AXA France
Carole Zisa-Garat, Directrice générale, Telegrafik

Les équipes remercient également Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale de l’Institut Montaigne, Blanche Leridon, directrice des Etudes France, pour leur investissement au cours de l’élaboration de ce rapport ainsi que l’ensemble de l’équipe de l’Institut Montaigne ayant rendu sa réalisation possible : Juliette Aquilina, Donna Clément, Pauline Faure, Simon Guibert, Polly Lefèvre, Justine Oliger, Camille Le Mitouard, Laura Pradat, Marion Rajaoba, Irène Thomas, Jeanne Valaire, Arsène Vassy. Elles remercient également Matthieu Mercier pour la mise en page de ce rapport.

Pour la première fois dans notre histoire, les plus de 60 ans sont désormais plus nombreux en France que les moins de 18 ans et notre pays est aujourd’hui confronté à une augmentation de l’âge moyen de sa population. Or cette évolution démographique est marquée par une stagnation de l’espérance de vie en bonne santé et par la multiplication des situations de perte d’autonomie. L’augmentation considérable de la demande de prise en charge en santé met le système actuel sous tension et l’expose à une très forte augmentation des dépenses publiques d’autonomie. Alors que la transition démographique s’accélère, il est grand temps, à moins d’un an de l’élection présidentielle, de réinterroger les politiques de santé et du grand âge en France.

En France, une espérance de vie en bonne santé qui stagne

Si la France a réussi à allonger l’espérance de vie, elle n’est pas encore parvenue à allonger dans les mêmes proportions l’espérance de vie en bonne santé. Alors que 30 % de notre vie se passe désormais après 60 ans, ces années, qui pourraient constituer une véritable opportunité, restent encore fortement marquées par la dégradation de l’état de santé.

L’écart entre l’espérance de vie et l’espérance de vie sans incapacité en témoigne : alors que la première s’élève respectivement à 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes, une femme peut espérer vivre 64,1 années sans incapacité, contre 63,7 années pour un homme.

Infographie : Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir, démographie en France, un vieillissement croissant.Infographie : Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir, démographie en France, un vieillissement croissant.

Démographie en France, un vieillissement croissant : + 40 % de 80 ans et plus en 10 ans. En 2070, 32 % de la population aura plus de 65 ans.

Cette hausse du nombre de seniors serait encore alourdie par l’explosion des affections lourdes dans les prochaines années. Elle devrait fortement accroître les besoins de prise en charge.

La transformation démographique impose de repenser notre modèle de prise en charge

Selon les projections les plus récentes, cette hausse du nombre de seniors serait en effet encore alourdie par l’explosion des affections lourdes dans les prochaines années. Or notre système ne parvient pas aujourd’hui à retarder suffisamment efficacement la perte d’autonomie ni à endiguer l’augmentation continue des besoins de santé.

Infographie : “Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir”.Infographie : “Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir”.

Démographie en France, un vieillissement croissant qui impose de repenser notre modèle de prise en charge.
Notre système de santé ne parvient pas à retarder efficacement la perte d’autonomie. Aujourd’hui, la dépendance touche 1,4 millions des plus de 60 ans. Il ne faut plus seulement accompagner les conséquences du vieillissement mais plutôt agir en amont pour retarder l’apparition des fragilités et préserver plus longtemps l’autonomie et la santé.

La hausse du nombre de seniors dépendants est aussi un enjeu majeur pour la soutenabilité de notre système de santé alors que la seule déformation de la pyramide des âges suffirait à faire croître les dépenses de santé de 10% d’ici à 2040, alors que les dépenses publiques d’autonomie passeraient de 1,96 % à 3,07 % du PIB d’ici 2050.

Ce constat démontre encore davantage les limites de la politique actuelle et appelle à une refonte structurelle globale pour l'avenir alors que l’inquiétude collective à l’égard du vieillissement — 57 % des Français se disent inquiets face à leur propre vieillissement — semble encore nourrir une forme de déni sociétal et politique. Or, l’absence de réponse publique à ce défi démographique conduirait, en tout état de cause, à une dépendance massive, coûteuse et potentiellement désastreuse pour notre système de santé.

La nécessité d’un changement de paradigme autour de la longévité en santé

L’enjeu n’est plus seulement d'accompagner les conséquences du vieillissement, mais d’agir plus en amont pour retarder l’apparition des fragilités et préserver plus longtemps l’autonomie et la santé. Une année supplémentaire d’espérance de vie sans incapacité représenterait, à elle seule, environ 1,5 milliard d’euros de dépenses de santé évitées chaque année sur la période 2021-2031, selon la Cour des comptes.

De nouvelles solutions sont aujourd’hui à notre portée. En premier lieu, les promesses d’un changement de paradigme porté par l’émergence récente des gérosciences, qui permettent d’envisager une structuration de l’action publique autour d’un objectif de longévité en santé. Le principe est d’intervenir sur les mécanismes du vieillissement en amont, afin de réduire l’écart entre l’âge civil et l’âge physiologique. Il s’agit ainsi de passer d’une logique essentiellement curative, qui intervient lorsque les fragilités et les pathologies sont déjà installées, à une stratégie nationale capable d’améliorer résolument l’espérance de vie en bonne santé.

Infographie : “Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir”.Infographie : “Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir”.

Les promesses d’un changement de paradigme.
L’objectif de notre rapport ? 
Mettre la longévité en santé au cœur de l’action publique en réduisant l’écart entre :

  • Âge civil :  Calculé à partir de la date de naissance
  • Âge physiologique : Qui reflète notre état de santé (niveau d’autonomie, capacités fonctionnelles, pathologies, environnement)

Découvrez nos 6 recommandations.

L’action proposée s’articule donc autour de 4 axes structurants : la mise en oeuvre d’une stratégie de prévention globale et tout au long de la vie contre l’apparition des fragilités ; la formation et le recrutement de professionnels dédiés pour surmonter les pénuries du secteur ; la création d’un parcours territorial gradué, de l’évaluation des fragilités jusqu’à l'accompagnement de la perte d’autonomie et, enfin, l’élaboration d’un plan de digitalisation d’envergure destiné à centraliser et fluidifier le suivi des parcours de santé individuels.

Les recommandations de Montaigne

1
Se fixer un objectif global d’amélioration de rattrapage des pays les plus avancés en matière d’espérance de vie en bonne santé pour tous à horizon 2035/2040, et le décliner dans une stratégie nationale de santé portée par un Institut national de la Longévité
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2
Garantir un continuum de prévention tout au long de la vie en misant sur la nutrition, l’activité physique, le lien social, et en engageant une stratégie globale d'accès à la prévention et l’information
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3
Adapter les outils de repérage des fragilités et passer ICOPE à l’échelle
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4
Doubler le nombre de paramédicaux en exercice
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5
Organiser un parcours de proximité, couvrant l’évaluation des fragilités et la prévention de la perte d’autonomie, ainsi que l’accompagnement, à domicile ou en institution selon la situation de santé des personnes, en s’appuyant sur les structures de soins existantes (SMR, EHPAD, réseaux de soins à domicile)
Détails
6
Construire une plateforme digitale nationale unique, interopérable et centrée sur la donnée, au service du suivi des parcours de santé des personnes fragiles, intégrant les outils socles nationaux (INS, MSS, PSC, DMP)
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Rapport - Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir
(208 pages)
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