Expressions par Montaigne

[Paroles de candidats] - Gabriel Attal joue la jeunesse

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[Paroles de candidats] - Gabriel Attal joue la jeunesse
 Bruno Cautrès
Bruno Cautrès
Expert Associé - Sociologie politique et Institutions

63 minutes, 7852 mots, un peu plus de 2000 personnes et un mot-clef, la jeunesse : c’est le discours qu’a prononcé Gabriel Attal à Lyon le 10 octobre, dans une ambiance qui se voulait aussi fervente qu’un match de football. Le candidat, qui plafonne dans les sondages, à la traîne derrière Édouard Philippe et largement distancé chez les jeunes par Jean-Luc Mélenchon, a articulé la critique du modèle français existant avec la promesse d’un nouveau pacte entre les générations. Dans un contexte de crise lycéenne, l’ancien ministre de l’Éducation nationale s’est aussi présenté comme le défenseur de la liberté d'engagement des jeunes, quelles que soient leurs convictions et a confirmé que l’éducation et la jeunesse allaient occuper une place centrale dans la campagne présidentielle.

Gabriel Attal a prononcé son second discours de campagne le 10 octobre à l'Amphithéâtre 3000 de la Cité internationale de Lyon, devant un peu plus de 2000 personnes. Pour ce premier meeting régional de sa campagne présidentielle, Renaissance avait choisi une mise en scène empruntant les codes du football, avec des écharpes et des tifos [animation visuelle collective dans les tribunes], en référence bien sûr à l'Olympique Lyonnais, tandis que les militants clamaient comme il se doit "qui ne saute pas n’est pas Attal !". L'objectif était de donner à ce rassemblement une atmosphère de ferveur collective et de mobilisation militante et d’envoyer un message de "match pas encore perdu". Le choix de Lyon permettait également au candidat de s'inscrire dans une tradition politique locale de rassemblement, notamment incarnée par Gérard Collomb, auquel il a rendu hommage dans son discours.

Dans son premier discours, celui du 30 mai dernier, Gabriel Attal avait particulièrement mis en avant le thème de l’école et de l’éducation. L’ancien ministre de l’Éducation nationale avait plusieurs fois rappelé son engagement sur ces questions et l’enjeu fondamental qu’avait l’éducation pour l’avenir du pays : ce premier discours citait 10 fois le mot "élève", 10 fois le mot "génération" ou "générations", 27 fois le mot "école", 41 fois le mot "avenir". S’il ne fait pas de doute que le contexte de la crise lycéenne a certainement compté dans le choix du thème de la jeunesse comme thème central du second discours prononcé à Lyon, il s’agit plus fondamentalement d’un axe central de la campagne du leader de Renaissance et de son univers sémantique.

Si le thème de l’éducation et de l’émancipation des jeunes générations par l’école est un thème classique des discours de campagne dans un pays où l’école est le pilier de la promesse républicaine d’égalité, c’est également un thème central du projet macroniste originel. Dans son livre-programme de 2016, Emmanuel Macron écrivait qu’"être jeune en France ne doit plus être un parcours du combattant, mais le moment de tous les possibles. Notre responsabilité est de leur donner les clés de l’indépendance. Je veux que notre jeunesse ait le droit de choisir sa vie, de ne pas être assignée à résidence, de ne pas voir ses horizons limités par son quartier, son origine ou le diplôme de ses parents".

Le discours prononcé par Gabriel Attal le 10 octobre à Lyon visait un double objectif : s’inscrire dans cet "ADN macroniste" du lien jeunesse-éducation-émancipation tout en le dépassant alors que le macronisme semble épuisé par une décennie au pouvoir. C’est, au fond, tout l’enjeu de sa campagne et de sa candidature mais aussi toute la difficulté de l’entreprise. Alors qu’il plafonne dans les sondages d’intentions de vote et que son image ne progresse pas non plus, Gabriel Attal avait un troisième objectif à Lyon : jouer de son avantage d’âge par rapport à Édouard Philippe en offrant le visage de celui qui est du côté de la jeunesse, de l’avenir et de l’optimisme. Il faut dire que les dernières vagues d’enquêtes d’opinions montrent qu’il y a urgence pour le candidat de Renaissance : Édouard Philippe a creusé l’écart et joue la seconde place de la présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon tandis que Gabriel Attal se situe dans un étiage comparable à Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau, un groupe de candidats distancés à présent par le maire du Havre et le leader des Insoumis. Plus préoccupant pour Gabriel Attal est le fait qu’il ne fait pas le plein des intentions de vote parmi les électeurs du "bloc central", même dans sa seule composante Renaissance ou dans l’électorat de Valérie Hayer aux européennes de 2024 : dans ce cœur du macronisme, Édouard Philippe le distance de manière assez nette.

"Édouard Philippe a creusé l’écart et joue la seconde place de la présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon."

C’est dire si l’enjeu était important pour lui à Lyon. Après avoir tenté de faire revenir à lui des franges de l’électorat macroniste en parlant des "États-Unis d’Europe", Gabriel Attal a voulu prolonger le message en parlant jeunesse et éducation, des thèmes tout aussi importants dans cet électorat.

Long de 63 minutes, le discours prononcé à Lyon comptait 7852 mots et 2001 mots distincts les uns des autres, soit le quart du discours. L’ancien Premier ministre se tient au pupitre, le texte du discours ayant été rédigé et son prononcé s’écartant de temps en temps du texte. Le débit de parole est relativement soutenu, de l’ordre de 124 mots par minute pour un total estimé de 490 phrases. Le discours était retransmis sur une grande chaîne d’info puis disponible en ligne.

En termes de lisibilité, le discours présente des caractéristiques classiques pour un discours de campagne, assez accessible pour l’auditoire. Les phrases comptent en moyenne 16 mots, avec une longueur médiane de 13 mots. Deux indices statistiques peuvent être calculés. L'indice de Kandel et Moles, plus adapté à la langue française, basé sur la longueur des phrases et le nombre de syllabes, prend la valeur de 76/100, indiquant une assez bonne lisibilité du texte. L'indice de Coleman-Liau, basé sur le nombre de lettres par mot et la longueur des phrases, prend une valeur de presque 11 (cet indice, initialement conçu pour l'anglais, doit être interprété avec prudence : sa valeur ne correspond pas directement à un niveau scolaire dans le contexte français). Ces deux indicateurs statistiques indiquent que la construction du discours est assez abordable, relativement simple, compatible avec un discours préparé pour être facilement compris et suivi à l’oral. Il faut enfin rappeler que ces calculs reposent sur une transcription du discours et que la ponctuation retenue peut influencer les résultats.

La première analyse que l’on peut développer est purement quantitative et fréquentielle : quels sont les mots les plus fréquents ? Pour répondre à cette question, nous avons deux graphiques (graphiques 1 et 2). Le premier est l’histogramme des mots le plus fréquents, lorsque leur fréquence est égale ou supérieure à 10 occurrences. Pour réaliser cet histogramme, le corpus du discours n’a pas été lemmatisé (toutes les formes d’un mots n’ont pas été ramenées à sa forme de base) et l’on a seulement retiré les mots-vides ("stop-words").

mots-frequents-discours-gabriel-attal

Sans surprise c’est le mot "jeunesse" qui se classe en premier puisque c’est le thème central du discours. On voit d’ailleurs que les mots "jeunes" et "avenir" se classent en quatrième et cinquième position en termes de fréquences. Il n’est pas non plus surprenant de voir que "France" et "français" sont parmi les mots les plus cités, une constatation que nous avons faite pour tous les autres discours que nous avons analysés. Les mots "veux" et "crois" sont également très fréquents - constatation qui vaut pour les autres discours que nous avons analysés : un discours de campagne présidentielle met toujours en avant la volonté, l’énergie, le force des convictions pour agir. Le mot "amis" est également très cité : là encore, il s’agit d’une figure rhétorique classique des discours de campagne électorale, les candidats voulant toujours provoquer chez ceux qui sont venus les écouter un sentiment de proximité affective, de complicité et de confiance.

"Un discours de campagne présidentielle met toujours en avant la volonté, l’énergie, le force des convictions pour agir."

Plusieurs mots sont davantage spécifiques et se rapportent au diagnostic que Gabriel Attal porte sur le "pays" dont il faut changer le "modèle" autour d’un "pacte" pour les nouvelles "générations". Gabriel Attal aborde longuement dans son discours les enjeux et les conséquences de l’intelligence artificielle ("IA") et du "plan" à mettre en œuvre sur tous ces enjeux.

Le nuage de mots (graphique 2) propose une autre représentation des fréquences lexicales du discours. À la différence de l’histogramme, le texte a cette fois été lemmatisé : les différentes formes d’un même mot sont regroupées sous une forme commune. Cette opération permet notamment de réunir les différentes conjugaisons d’un verbe, comme "veux", "voulons" ou "veulent", sous le lemme "vouloir". Le nuage permet ainsi de retrouver les principaux termes du discours, mais sous une forme plus synthétique et plus directement visuelle que l’histogramme de la figure 1.

mots-discours-gabriel-attal-lyon

Le nuage de mots confirme les observations faites pour l’histogramme, tout en faisant ressortir plus nettement certains termes grâce à la lemmatisation. C’est notamment le cas du verbe "vouloir", qui occupe une place particulièrement visible aux côtés de "jeunesse". Cette association visuelle suggère deux dimensions importantes du discours : la jeunesse comme thème central et l’affirmation de la volonté politique du candidat qui veut montrer que sa volonté est intacte malgré des sondages d’intentions de vote qui ne sont pas à la hauteur des espérances. Autour de ces deux mots apparaissent notamment "avenir", "France", "nouveau", "modèle", "croire" ou encore "jeune". Le nuage de mots donne ainsi une première image du vocabulaire autour duquel Gabriel Attal a construit son discours. Mais il ne permet pas de savoir comment ces termes sont associés dans le discours : c’est ce que nous allons chercher à comprendre à présent.

"Sa volonté est intacte malgré des sondages d’intentions de vote qui ne sont pas à la hauteur des espérances."

L’histogramme et le nuage de mots nous renseignent en effet sur le vocabulaire dominant du discours. Mais savoir quels mots sont les plus fréquents ne nous dit pas encore comment ils sont associés les uns aux autres, ni comment ils contribuent à construire le message politique du candidat. Pour aller plus loin, il faut donc passer du décompte des mots à l’analyse de leurs relations dans le discours. C’est ce que nous avons fait dans le cadre de nos analyses de discours précédentes : ainsi, pour d’autres candidats (par exemple pour Marine Tondelier ou Raphaël Glucksmann) nous avons complété les analyses quantitatives par l’analyse du déroulé des discours à l’aide d’une technique (les "bubble lines") montrant comment les mots ou les thèmes prennent la suite les uns des autres, quels mots ou thèmes apparaissent et disparaissent le long des discours. Ici, nous avons souhaité répondre à une autre question : quels mots sont employés à proximité les uns des autres ? Ce que l'on appelle l'analyse des "cooccurrences lexicales" permet de répondre à cette question.

Ce type d'analyse est représenté sous la forme d'un réseau (développé avec le logiciel libre Gephi, graphique 3). Comment lire ce graphique ? Tout d’abord avec une certaine prudence méthodologique car l’apparence et le style de ce graphique peuvent prendre le dessus sur l’interprétation rigoureuse. Posons quelques principes de lecture. Chaque bulle représente un mot du discours, ramené à sa forme de base. Plus la bulle est grande, plus le mot est fréquent. Les traits qui relient les bulles indiquent que les mots apparaissent régulièrement à proximité les uns des autres dans le discours. Les associations les plus fréquentes sont représentées par des liens plus marqués, plus épais.

Les couleurs constituent l'autre information essentielle du graphique. Elles distinguent des groupes de mots, appelés "communautés lexicales", dont les relations sont particulièrement fortes au sein du réseau. Ces "communautés lexicales" ne correspondent pas à des thèmes définis à l'avance par nous : il faut examiner les mots qui composent ces groupes pour comprendre leurs liens et le discours. Cette méthode est, dans sa philosophie générale, proche des techniques de classification qui cherchent à identifier des groupes de mots.

reseau-lexical-discours-gabriel-attal-lyon

D’autres précautions sont cependant nécessaires pour interpréter correctement ce graphique. Les liens entre les mots indiquent leur proximité dans le texte mais pas nécessairement leur proximité sémantique. Deux mots peuvent ainsi apparaître fréquemment ensemble sans exprimer la même idée : ils peuvent être associés, mais aussi opposés dans le discours. Ainsi, lorsque Gabriel Attal demande s'il faut "prolonger à tout prix un modèle daté" ou "en inventer ensemble un nouveau", la proximité des mots "modèle" et "nouveau" s’inscrit dans une opposition entre le maintien de l'existant et le changement que veut porter le candidat. De même, l'appartenance à une même couleur indique que les mots entretiennent des relations de cooccurrence plus nombreuses ou plus fortes entre eux qu'avec d'autres mots du réseau, mais cela ne signifie pas qu'ils constituent nécessairement un thème homogène. Enfin, la distance visuelle entre les bulles résulte de l’algorithme de représentation du réseau : elle ne doit pas être interprétée comme une mesure directe de proximité de sens. Les couleurs et les positions des mots constituent donc des indices pour l'analyse, et non des interprétations en elles-mêmes. Pour comprendre ce que signifient politiquement ces associations, il faut revenir au discours lui-même, une précaution qui s’impose toujours dans l’analyse de discours.

Une fois posées ces précautions de lecture du graphique, que nous apprend-il sur l'organisation du discours de Gabriel Attal ?

L'avantage de cette méthode par rapport au décompte des fréquences (graphiques 1 et 2) est de passer des mots les plus fréquents à l'organisation du discours : on peut à présent repérer ses principaux ensembles lexicaux, identifier les mots qui les structurent et observer les termes qui font passerelle entre différents registres.

Le premier point qui se dégage du graphique est la place dominante des deux mots, "vouloir" (57 occurrences) et "jeunesse" (56), situés au centre du réseau, dans la "communauté lexicale" violette. Ces deux mots ont l'association la plus forte du graphique (16 cooccurrences). Cela n’est pas étonnant dans la mesure où le discours du 10 octobre de Gabriel Attal était thématisé spécifiquement sur la question de la jeunesse. Autour d'eux apparaissent "avenir", "modèle", "changer" ou encore "projet". La couleur violette de cette "communauté lexicale" fait ressortir une dimension essentielle du discours, son principal axe : la jeunesse n'est pas seulement le public auquel Gabriel Attal veut s’adresser ce jour-là, elle désigne au nom de quoi il souhaite transformer le modèle français. L'association entre "jeunesse" et "avenir" (13 cooccurrences) confirme cette lecture.

"La jeunesse n'est pas seulement le public auquel Gabriel Attal veut s’adresser ce jour-là, elle désigne au nom de quoi il souhaite transformer le modèle français."

Cet axe principal du discours trouve un prolongement dans la "communauté lexicale" de couleur verte, organisée autour des mots "nouveau", "pacte", "droit", "génération" et "travail". Le rapprochement de ces mots donne un contenu plus précis au projet de changement pour la jeunesse : c'est la proposition d'un nouveau "pacte" générationnel, fondé notamment sur les droits, les devoirs et le mérite, des thèmes et des mots récurrents chez Gabriel Attal. Les liens entre "jeunesse" et "pacte" (12 cooccurrences), mais aussi entre "droit" et "pacte" (11), montrent comment ces deux ensembles de vocabulaires s'articulent. La promesse générale de changement prend une forme politique plus précise, un nouveau "pacte" entre les générations. Au plan sémantique le mot "pacte" est ici important : dans un discours politique, l’emploi de ce mot est la marque d’une promesse solennelle, d’un engagement fort qui va guider l’action publique dans la durée. Il peut aussi évoquer l’idée d’un "donnant-donnant", d’un contrat qui va donner des droits en échange de devoirs, une rhétorique qu’affectionne Gabriel Attal.

La "communauté lexicale" de couleur bleu cyan, organisée autour des mots "France", "pays", "IA" et "emploi", élargit encore cette perspective. Elle inscrit la question de la jeunesse dans celle de l'avenir national, notamment face aux transformations technologiques et à l’intelligence artificielle dont le candidat de Renaissance nous dit qu’il est le seul à en parler (rien d’inhabituel chez un candidat à mettre en exergue l’originalité d’une proposition même si en réalité, tous les candidats dont nous analysons les discours parlent de l’IA et de ses conséquences sur leur vision de la France.) D'autres couleurs correspondent à des registres plus spécifiques : le beige rassemble les mots de l'école ("élève", "professeur", "classe"), tandis que le vert turquoise fait apparaître les défis du dérèglement climatique et de l'intelligence artificielle.

La "communauté lexicale" de couleur rose nous livre un résultat particulièrement intéressant. Elle rassemble les mots "jeune", "engager", "politique" et "Mélenchon". Pourquoi le nom du leader de La France insoumise se retrouve-t-il dans cet ensemble ? On se doute que le candidat de Renaissance ne rend pas hommage au leader de la France insoumise…Le retour au texte permet de comprendre les choses. Gabriel Attal s'en prend d'abord à Jean-Luc Mélenchon à propos de Parcoursup, lui reprochant de défendre une conception de l'enseignement supérieur qui conduirait, selon lui, à "la sélection par l'échec". Il évoque ensuite le cas de Nathanaël, un jeune de 18 ans engagé dans sa campagne, dont il accuse le leader insoumis d'avoir organisé le cyberharcèlement. C'est à cette occasion qu’il affirme "jamais je ne critiquerai un jeune qui s'engage en politique, quel que soit son engagement en politique, parce qu'on a besoin de jeunes qui s'engagent en politique". Cet extrait du discours explique la présence de ces mots dans une même "communauté lexicale" et montre de quelle manière le candidat utilise la référence à la jeunesse pour construire une opposition politique : en dénonçant le comportement qu'il attribue à Jean-Luc Mélenchon, il se présente comme le défenseur de la liberté d'engagement des jeunes, quelles que soient leurs convictions. Le graphique révèle ainsi deux usages différents de la jeunesse dans le discours : une génération à laquelle Gabriel Attal promet un avenir (dans la communauté de couleur violette) et des citoyens dont il défend le sens de l’engagement politique sincère (dans la communauté de couleur rose) contre un monde politique cynique qu’incarnerait, selon Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon.

Conclusion

Gabriel Attal jouait gros lors de ce rassemblement à Lyon. Distancé dans les sondages par Édouard Philippe, le candidat de Renaissance mise tout sur l’affirmation d’une identité politique différente et susceptible d’attirer des électeurs venant du centre gauche et du centre droit. Pour cela, il n’a pas hésité à multiplier les propositions sur les questions européennes et à présent celle de la jeunesse.

"Distancé dans les sondages par Édouard Philippe, le candidat de Renaissance mise tout sur l’affirmation d’une identité politique différente et susceptible d’attirer des électeurs venant du centre gauche et du centre droit."

À Lyon, le 10 octobre, Il s’agissait donc d’un important discours en termes de stratégie de communication et de campagne dans le contexte de la crise lycéenne que traverse le pays. Gabriel Attal a voulu proposer une vision à la fois héritière du macronisme et nouvelle : il a proposé d’articuler une critique du modèle français existant, qui ne tient pas la promesse d’égalité, avec une nouvelle promesse, celle d’un nouveau pacte entre les générations. Mais c’est également l’affirmation de sa propre identité politique que le jeune candidat à la présidentielle a voulu tracer. Le nouveau "en même temps" attaliste pourra-t-il faire oublier celui promis par Emmanuel Macron il y a dix ans ? La volonté affichée de renouvellement suffira-t-elle à convaincre les électeurs qu’il incarne une véritable alternative politique ? Ou Gabriel Attal sera-t-il happé par le bilan d’une décennie de macronisme et presque d’une décennie qu’il a passée au pouvoir ?

C’est en tout cas un discours important qu’il a prononcé à Lyon, l’éducation et la jeunesse vont occuper une place très importante dans la campagne présidentielle. Nul doute que d’autres candidats font venir sur ces questions !

Formidable campagne électorale que nous vivons, avec, enfin, de grands sujets de politiques publiques mis sur la table !

Les analyses présentées ici ont été réalisées par Bruno Cautrès avec l’appui de ChatGPT (OpenAI), dans le cadre du développement de "DiscoursLab", un ensemble d’outils d’analyse des données textuelles, développé par Bruno Cautrès. L’intelligence artificielle a été utilisée comme outil de co- développement pour la préparation et l’exécution des scripts d’analyse en Python, le traitement des données, la réalisation des visualisations et l’aide à leur interprétation. Les choix méthodologiques, la validation des données et des résultats ainsi que l’interprétation et la rédaction relèvent de Bruno Cautrès. Tous les prompts de dialogue et de travail de Bruno Cautrès avec l’IA sont disponibles sur simple demande auprès de l’auteur.

Copyright JEFF PACHOUD / AFP

Gabriel Attal à Lyon le 10 octobre 2026

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