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Communiqué de presse À Paris, le 15 septembre




Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir
Découvrir le rapport

Pour la première fois dans notre histoire, les plus de 60 ans sont désormais plus nombreux en France que les moins de 18 ans et notre pays est aujourd’hui confronté à une augmentation de l’âge moyen de sa population. Cette évolution démographique est néanmoins marquée par une stagnation de l’espérance de vie en bonne santé et par la multiplication des situations de perte d’autonomie. L’augmentation considérable de la demande de prise en charge en santé met le système actuel sous tension et l’expose à une très forte augmentation des dépenses publiques d’autonomie. Alors que la transition démographique s’accélère, il est grand temps, à moins d’un an de l’élection présidentielle, de réinterroger les politiques de santé et du grand âge en France.

Dans la continuité de nos travaux sur la santé et les enjeux de prévention et à l’aune de notre séquence présidentielle, l’Institut Montaigne publie aujourd’hui un nouveau rapport “Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir”. Coprésidé par Sophie Boissard, directrice générale du groupe Clariane, Dominique Pon, directeur général de La Poste Santé & Autonomie et Thomas Rapp, professeur de sciences économiques à l'Université Paris Cité et titulaire de la Chaire AgingUP!, ce rapport appelle à un changement de paradigme et promeut une transformation du système en structurant l’action publique autour d’un objectif de longévité en santé. 

Le vieillissement de la population, aujourd’hui au cœur des débats, ne doit pas être considéré comme un poids pour notre système mais plutôt comme un enjeu face auquel ce dernier peut être préparé. Ce rapport propose une vision ambitieuse d’un projet de société qui promeut la longévité en santé et se donne les moyens de l’atteindre. Il formule ainsi 6 recommandations afin de répondre à un double enjeu : améliorer l'accompagnement de  la dépendance une fois installée mais surtout, agir en amont en retardant au maximum l’apparition des situations de perte d’autonomie.
 

 

"Le vieillissement en bonne santé est l’un des défis des prochaines décennies. Il adresse tout à la fois la pérennité de notre État-providence, la pertinence des politiques publiques envers nos ainées qui représentent une part croissante de la population, ainsi que la qualité de vie en autonomie. Les dépenses qui y sont liées (hors retraites) sont appelées à croître de 10 % au moins d'ici à 2040. Il est urgent de réinvestir la question démographique et de projeter la France dans un modèle financièrement soutenable et humainement digne." - Marie-Pierre de Bailliencourt, Directrice générale de l'Institut Montaigne
 

 

"Face au défi du vieillissement, faire progresser l’espérance de vie en bonne santé pour tous doit devenir la première priorité des politiques de santé en France. Nous appelons à la mise en place d’un plan longévité, sur le modèle du plan cancer, pour rattraper, d’ici 2035, les pays les plus avancés en la matière." - Sophie Boissard, Directrice générale du groupe Clariane

 

 

"Alors que l’espérance de vie s’allonge, le passage à l’échelle des politiques publiques permettant de vieillir en bonne santé représente un enjeu sociétal majeur. Deux recommandations apportent une réponse concrète à ce défi : généraliser le programme de détection des fragilités ICOPE et bâtir une plateforme numérique nationale dédiée au suivi des parcours de santé des personnes fragiles." - Dominique Pon, Directeur général de La Poste Santé & Autonomie


  

"La politique du bien-vieillir et de la longévité, si elle est mise en œuvre dans les prochains mois, permettra de contenir la hausse des dépenses liées à la transition démographique. Sa mise en œuvre soulève de nombreux défis, en termes d’investissement dans la prévention, de recrutement de personnels qualifiés, d’amélioration de la coordination des parcours de soins et de soutien aux personnes et à leur entourage. Les recommandations de ce rapport constituent des réponses concrètes à ces défis." - Thomas Rapp, Professeur de sciences économiques à l'Université Paris Cité et titulaire de la Chaire AgingUP!

En France, une espérance de vie en bonne santé qui stagne

Si la France a réussi à allonger l’espérance de vie, elle n’est pas encore parvenue à l’allonger dans les mêmes proportions en bonne santé. Alors que 30 % de notre vie se passe désormais après 60 ans, ces années, qui pourraient constituer une véritable opportunité, restent encore fortement marquées par la dégradation de l’état de santé.

L’écart entre l’espérance de vie et l’espérance de vie sans incapacité en témoigne : alors que la première s’élève respectivement à 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes, une femme peut espérer vivre 64,1 années sans incapacité, contre 63,7 années pour un homme.

En parallèle, la France fait face à une situation démographique particulière : le nombre de personnes âgées de 80 ans et plus devrait augmenter d’environ 40 % entre 2025 et 2035. À politique inchangée, cette évolution démographique entraînerait une hausse considérable de la demande de prise en charge, à laquelle le système actuel n’est pas dimensionné.
 

La transformation démographique impose de repenser 
notre modèle de prise en charge

Selon les projections les plus récentes, cette hausse du nombre de seniors serait en effet encore alourdie par l’explosion des affections lourdes dans les prochaines années. Or notre système ne parvient pas aujourd’hui à retarder suffisamment efficacement la perte d’autonomie ni à endiguer l’augmentation continue des besoins de santé. Le nombre de personnes de 60 ans ou plus en perte d'autonomie devrait atteindre 3,1 millions en 2030.

La hausse du nombre de seniors dépendants est aussi un enjeu majeur pour la soutenabilité de notre système de santé alors que la seule déformation de la pyramide des âges suffirait à faire croître les dépenses de santé de 10% d’ici à 2040, alors que les dépenses publiques d’autonomie passeraient de 1,96 % à 3,07 % du PIB d’ici 2050.

L’enjeu n’est plus seulement d'accompagner les conséquences du vieillissement, mais d’agir plus en amont pour retarder l’apparition des fragilités et préserver plus longtemps l’autonomie en santé de la population. Une année supplémentaire d’espérance de vie sans incapacité représenterait, à elle seule, environ 1,5 milliard d’euros de dépenses de santé évitéeschaque année sur la période 2021-2031, selon la Cour des comptes.
 

6 recommandations pour un changement de paradigme
 autour de la longévité en santé 

La promotion de la longévité en santé vise ainsi à réduire le nombre d'années vécues avec le déclin cognitif, l'isolement, ou la dépendance. Cette perspective offre un double cercle vertueux : elle améliore les conditions de vie des individus, tout en préservant les capacités d’action et de financement de notre système de santé et de solidarité. Ce changement de paradigme ne se résume pas à une simple évolution de vocabulaire. Il appelle à une transformation cohérente des priorités publiques, des parcours de soins, des métiers, de la recherche et des mécanismes de financement.

Recommandation 1 : Se fixer un objectif global d’amélioration de rattrapage des pays les plus avancés en matière d’espérance de vie en bonne santé pour tous à horizon 2035/2040, et le décliner dans une stratégie nationale de santé portée par un Institut national de la Longévité.

Recommandation 2 : Garantir un continuum de prévention tout au long de la vie en misant sur la nutrition, l’activité physique, le lien social, et en engageant une stratégie globale d'accès à la prévention et l’information.

Recommandation 3  : Adapter les outils de repérage des fragilités et passer ICOPE à l’échelle.

Recommandation 4 : Doubler le nombre de paramédicaux en exercice.

Recommandation 5 : Organiser un parcours de proximité, couvrant l’évaluation des fragilités et la prévention de la perte d’autonomie, ainsi que l’accompagnement, à domicile ou en institution selon la situation de santé des personnes, en s’appuyant sur les structures de soins existantes (SMR, EHPAD, réseaux de soins à domicile).

Recommandation 6 : Construire une plateforme digitale nationale unique, interopérable et centrée sur la donnée, au service du suivi des parcours de santé des personnes fragiles, intégrant les outils socles nationaux (INS, MSS, PSC, DMP).
 

Découvrir le rapport
À propos de l’Institut Montaigne

Créé en 2000, l’Institut Montaigne est un espace de réflexion, de propositions concrètes, et d’expérimentations au service de l’intérêt général. Think tank de référence en France et en Europe, ses travaux sont le fruit d’une méthode d’analyse rigoureuse, critique et ouverte qui prend en compte les grands déterminants sociétaux, technologiques, environnementaux et géopolitiques aux fins d’améliorer les politiques publiques. Association à but non lucratif, l’Institut Montaigne structure son action autour de quatre piliers thématiques : la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales. Dans la collégialité et l’indépendance, l’Institut Montaigne rassemble des entreprises, des chercheurs, des fonctionnaires, des associations, des syndicats et des acteurs de la société civile aux profils variés. Ses publications s’adressent aux décideurs publics et privés, aux responsables politiques et économiques ainsi qu’aux citoyens engagés. Depuis sa création, ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 2% du budget annuel de 7 M€.

Arsène Vassy
Chargé de projets communication
01 53 89 05 70
press@institutmontaigne.org

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